Swindler & Swindler

Tarot de Marseille - Nouvelle édition luxe

Année
2024
Client
Grimaud Paris
Agence
Goodpeoplewander
Agent
Folio Art

78 cartes redessinées à la main et vectorisées à partir des jeux d'archives du 18ᵉ siècle de la BNF. Pour la relance de Grimaud Paris en 2024, via Folio Art.

Une relance, un objet fondateur

Grimaud Paris, maison de cartiers fondée en 1848 et rachetée par Cartamundi dans les années 1990, a été relancée en 2024 comme marque d'objets de jeu de luxe. Le Tarot de Marseille N°400 fait partie du noyau de cette relance, aux côtés des jeux classiques. La commande est venue via Folio Art, agent international du studio.

L'agence GoodPeopleWander a piloté la direction créative de la relance — refonte d'identité, curation des illustrateurs, packaging. Margot a été retenue pour le tarot. Julie Serre a illustré les faces des cartes classiques. La direction artistique posait une exigence claire : l'objet final devait tenir aussi bien dans un cabinet de curiosité que dans un cadeau d'entreprise haut de gamme.

Le brief, ou ce qu'il refusait

Le brief était précis dans ce qu'il refusait : la réinvention. Margot a travaillé à partir de jeux du 18ᵉ siècle — certains conservés à la Bibliothèque nationale de France — non pour les copier mais pour les accompagner. Adoucir les lignes, neutraliser les figures, éclaircir la palette, sans effacer la mémoire structurelle de chaque carte.

Laetitia Barbier, spécialiste en cartomancie et histoire de l'art, a apporté une guidance légère mais déterminante. Moins une supervision iconographique stricte qu'une attention au poids symbolique de chaque carte — laisser respirer sans surcharger d'un trait contemporain.

Soixante-dix-huit cartes, à la main puis vectorisées

Chaque carte a été redessinée à la main, colorisée, puis entièrement vectorisée. Le processus s'étire sur les 78 lames sans raccourci. La structure d'origine de chaque composition est préservée — l'œil retrouve le tarot qu'il connaît. Ce sont les détails qui glissent : un trait moins anguleux, une figure rendue moins genrée, une teinte légèrement relevée.

Huit couleurs portent l'ensemble du jeu, plus une passe de dorure. Cette économie chromatique n'est pas un effet, c'est une discipline. Elle force chaque carte à fonctionner sur peu de signaux.

La retenue comme parti pris

La tension du projet vit dans la contrainte : 78 compositions déjà connues, déjà chargées, où chaque écart à la tradition doit se justifier. Tracer pour accompagner et non pour signer demande une retenue qui se voit peu. C'est précisément le but. Le jeu doit avoir l'air d'avoir toujours ressemblé à ça.

C'est sans doute le geste le plus difficile à dessiner : celui qu'on ne voit pas.

L'objet et sa distribution

Les cartes ont été imprimées sur papier vellum 300g pour la production, puis sur un casino-grade noir à âme de 350g pour l'édition finale, en dix couleurs par Grimaud Paris. Dorure cold-foil et hot-stamping aux angles et sur les faces, vernis sans plastique. Le packaging a été produit par Créanog, dans le quartier de la Bastille à Paris, sur un papier façonné sur mesure.

L'édition est vendue à 280 €, distribuée au Bon Marché Rive Gauche à Paris, chez Harrods à Londres et El Corte Inglés en Espagne.

Nous avons confié à Margot la rénovation des illustrations de l’ancien Tarot de Marseille de Grimaud. Une collaboration fluide, un travail tout en finesse, dans le respect de l’héritage du jeu, tout en modernisant le trait. J’attends avec impatience la prochaine occasion de collaborer.
Loïc Le BihanGoodPeopleWander

Crédits

Directeur Créatif
Loïc Le Bihan
Client Director
Laure Barbier